Comme un écolier pris en faute, Marc Sebeyran fait une erreur grossière mais refuse de l’admettre…
Au détour des rapports, un dossier insignifiant était à l’ordre du jour. La région réalise un guide sur l’église Saint-Jean-au-Marché à l’occasion de l’exposition sur « La sculpture en Champagne au XVIe siècle » qu’organise conjointement la région, le département de l’Aube et la ville de Troyes d’avril à octobre 2009, notamment dans cette église,
Il était proposé au conseil municipal d’adopter une convention de partenariat entre la ville de Troyes et la région, la ville s’engageant à apporter son concours scientifique à l’élaboration de ce guide publié par « Parcours du patrimoine ». Le guide fera 64 pages sur un format 112,5 x 225 mm avec impression en quadrichromie.
C’est une bonne opportunité pour Troyes qui peut ainsi avoir un guide supplémentaire sur une de ses églises sans débourser un centime.
Une phrase du rapport m’étonna « La ville de Troyes, propriétaire de cet édifice, a mené une importante campagne de restauration. À ce jour, le visiteur ne dispose pas d’un guide de visite pour ce chef-d’œuvre de l’architecture de la Renaissance. »
« Ce n’est ni un chef-d’œuvre, ni Renaissance… ».
J’interviens à ce propos au conseil :
« Ma seconde remarque porte sur la « Convention de partenariat » et sur le rapport qui affirme " À ce jour, le visiteur ne dispose pas d’un guide de visite pour ce chef-d’œuvre de l’architecture de la Renaissance ".
« Je ne sais qui a rédigé cette convention mais il ne doit jamais être entré dans l’église ou il ne connaît rien à la grammaire des styles… En effet, l’église Saint-Jean-aux-marchés a été construite du XIIIe au XVIIe siècle, la majeure partie de l’édifice datant d’avant la Renaissance, c’est donc une grave erreur d’en faire un témoin de ce style. C’est même, à Troyes, avec la Cathédrale, un des endroits où l’on peut le mieux comprendre l’évolution de l’Art Gothique.
« En revanche, et vous savez que j’apprécie notre ville, l’église Saint-Jean est probablement une des églises les plus mal conçues de Troyes au niveau architectural, même si elle possède de grandes qualités par ailleurs dans sa statuaire et dans ses œuvres picturales, ce n’est donc pas un « chef-d’œuvre ».
« En gros, dans le syntagme " pour ce chef-d’œuvre de l’architecture de la Renaissance " il n’y a pas moins que deux énormes erreurs : ce n’est pas un chef-d’œuvre et cela ne date pas de la Renaissance.
« Pour ne pas passer pour des incultes vis-à-vis des spécialistes, ne serait-il pas possible de corriger le quatrième paraphe de la convention comme suit " La Ville de Troyes, propriétaire de cet édifice, a mené une importante campagne de restauration. À ce jour le visiteur ne dispose pas d’un guide de visite pour cet important édifice témoignant de l’évolution entre le Gothique et la Renaissance et pour les chefs-d’œuvre exceptionnels qu’il contient. " »
Pour Marc Sebeyran la politique est plus importante que la vérité historique….
La réponse de Marc Sebeyran fut étonnante. Il précisa que l’église Saint-Jean était un chef-d’œuvre historique à cause du mariage d’Henri V d’Angleterre et de … (le nom lui a échappé !) [1]
C’est vrai mais ça ne fait pas de cette église un « chef-d’œuvre » et ce que je contestais était le terme « chef-d’œuvre architectural »… La majorité a refusé de modifier son rapport.
C’est une billevesée diront certains qui ne mérite pas quelques lignes ici. La réponse de Marc Sebeyran au nom de la majorité me semble, au contraire, importante. L’église saint-Jean n’est pas une église « Renaissance » beaucoup le savent, les spécialistes surtout. C’est une église gothique avec quelques traces du nouveau style qui n’est absolument pas dominant. Le « Guide du Patrimoine de Champagne-Ardenne » publié par les éditions Hachette dit « le style Renaissance ne paraît guère que dans le remplage des baies, dans quelques voûtes et dans les premières chapelles construite à partir de 1555 », le guide touristique « Troyes dans l’Aube » dit « la nef et ses collatéraux sont de style gothique (XIVE siècle). Le chœur est, dans son ensemble, (gothique) flamboyant. » C’est un fait, incontestable et incontesté jusqu’à ce jeudi 20 novembre au conseil municipal de Troyes. Marc Sebeyran, professeur d’histoire ne peut l’ignorer non plus… Pourquoi alors nier l’erreur ?
Il était assez simple d’agréer ma demande et de changer une phrase du rapport pour le rendre conforme à la réalité. Ce ne fut pas fait… C’est une démonstration flagrante que la majorité n’écoute pas l’opposition, même lorsqu’elle dit des vérités confirmés ; difficile alors de croire qu’elle puisse un jour ouvrir ses oreilles pour des sujets plus politiques comme le budget.
Un conseil aux élus de l’opposition, ne dites jamais que le soleil se lève à l’Est ou que Troyes fait parti de la Champagne méridionale… le simple fait de l’affirmer pousserait le conseil à adopter une décision modificative affirmant que le soleil se lève depuis l’éternité sur l’océan atlantique et que Troyes est la capitale du Périgord noir…
À Troyes on applique la loi telle que je l’avais appris à l’armée :
- Art. 1 : Le chef a toujours raison.
- Art. 2 : S’il est démontré que le chef a tort, c’est l’article 1 qui s’applique…
C’est stupide mais c’est ainsi !









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