Ce jeudi, j’ai fait grève. J’ai refusé d’aller au travail. J’ai perdu 80 euros. C’est folie… Déchargé de classe le jeudi, je devrai de toute façon accomplir le travail administratif que je n’ai pas pu faire… C’est folie… Je me suis rendu à Troyes pour défiler dans les rues sous la pluie. C’est folie… Pour défendre les RASED dans les écoles primaires. Pourtant, je ne travaille pas au RASED, pourtant mes enfants n’en ont pas eu et n’en auront pas besoin. C’est folie…
Ce jeudi j’ai fait grève. Je suis certainement un fainéant ou comme le dit notre ministre, allergique à tout changement, à toute réforme.
Mais quel changement, Monsieur le ministre alors que l’unique objectif de vos réformes est l’économie de postes budgétaires. On supprime 2 heures hebdomadaires pour en faire des heures d’aide personnalisée (en quelque sorte, un coup de pouce scolaire) et on en profite pour provoquer la confusion auprès du public en rendant soi-disant inutile l’aide spécialisée… et de placer les enseignants spécialisés en classe ordinaire dans les 3 prochaines années. La belle économie ! Mais qu’allons-nous faire de ces 150 000 enfants en souffrance en attente d’aide par ces 3000 enseignants qui devront changer de rôle et oublier toute leur formation et leurs compétences à la rentrée prochaine (et ceci pendant 3 années de suite jusqu’à disparition totale des réseaux d’aide) ? Quel est l’avenir de ces enfants ? Comment va se dérouler leur adolescence ? Vont-ils pouvoir faire face seuls ? Comment l’enseignant, comment les parents vont-ils gérer cette souffrance ? A une époque où l’avenir de tous les jeunes est incertain, sillonné de dangers divers, délinquance, drogue, alcool, quelles chances donne-t-on à ces enfants ?
Alors oui, ça devient mon problème, le problème de notre société, le problème de tous ! Cette réforme n’est pas une réforme, c’est la casse ! J’ai vu à Troyes enseignants, enfants, parents, élus mobilisés, loin d’être résignés. A La Chapelle St-Luc ce soir, devant l’école Jean Moulin fermée, parents, enseignants, enfants, M. le Maire de La Chapelle, ses adjoints, M. le Maire des Noës, tous unis et déterminés. Alors j’y crois. Réveillons-nous avant que la casse ne s’amplifie au détriment d’une catégorie de la population.
Ce jeudi, j’ai fait grève. Je sais, ça n’a pas dérangé M. le Ministre, ça m’a coûté cher, ce n’est pas une bonne solution, mais c’est la seule que j’ai trouvée. C’est folie ?
Dominique Couturier, Nogent sur Seine





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